La danse ne s’apprend pas, elle se libère de notre corps pour nous apprendre que nous savons déjà tout et que nous pouvons tout… 

Est-ce la danse qui nous libère ou nous qui libérons notre danse?

Cela pourrait être le grand débat sur la danse. Mais cela reviendrait exactement à la même chose que de se demander, qui était là en premier ; L’oeuf ou la poule?

Peu importe comment on retourne la question, une chose est certaine, l’oeuf et la poule sont bien là ensemble et ils ne peuvent exister l’un sans l’autre.

Oui, la danse nous libère et oui, nous libérons notre danse… 

Ma danse est libre et universelle. Dans cet article, je vais vous révéler pourquoi et comment elle m’a appris à me libérer et aussi, comment je la libère. 

Ma vision de la danse, c’est donc d’abord et avant tout, des mouvements libres de danse. Que ce soit à l’âge de deux ans lorsque je tournais sur moi-même comme les derviches soufi, que je réalise une oeuvre de quelques minutes en dansant librement dans la rue parce que je le ressens comme un droit naturel et fondamental, que j’esquisse des petits pas de danse dans un magasin parce que la musique que j’écoute dans mon casque m’y entraine ou que je danse avec mes élèves lors d’une session de danse spéciale, c’est ainsi que je ressens les mouvements naturels de mon corps, dans la liberté.

Mais cela va bien plus loin que cela.

Aujourd’hui, danser librement dans la diversité musicale qu’offre le monde est le moyen que j’ai choisi pour me libérer de ma propre histoire, pour guider dans la guérison du coeur, pour exprimer ma vérité et produire mon art de la danse.  

Ce ne fut pas toujours le cas. Pendant mon adolescence, j’ai commencé par suivre des cours de moderne-jazz. Et après la naissance de mon fils, vers l’age de trente ans, je suis tombée en amour avec la danse orientale. J’ai donc évolué dans deux styles de danse académiques par le passé. Ils m’ont permis de m’épanouir, de grandir et j’ai longtemps pensé qu’ils auraient pu être mon chemin de vie.

Suivre les directives du professeur de danse, ses mouvements chorégraphiques, être sur scène en synchronisant mes mouvements avec ceux d’un groupe, tout cela me paraissait totalement normal.

Il ne faisait aucun doute que j’aurai pu faire une carrière professionnelle en danse, si j’avais eu la possibilité de poursuivre des études ou une formation dans ce domaine. Mais l’histoire ne fut pas celle-ci. Adolescente, je n’avais pas pu faire les études de danse auxquelles j’aspirais et adulte, au lieu de suivre une formation complète pour devenir professeur de danse orientale, j’avais opté pour une formation qui allait m’apprendre le langage de mon corps et ses messages : la MLC©*.

Finalement, à trente-cinq ans, je décidais de développer La Danse Libre Universelle© ; un cours de danse qui permettrait à des personnes qui se reconnaissaient dans la danse libre et les musiques du monde, de vivre leur développement personnel et la guérison du coeur, en utilisant ces deux éléments.

Mais, comment en suis-je suis arrivée là? 

Et si le hasard n’existait pas… 

La danse orientale avait commencé à me permettre de libérer mon corps, mais après quelques années, cette même danse orientale, me faisait vivre l’expérience que si je poursuivais ce style de danse sous sa forme classique, mon corps n’allait pas suivre. Des entorses répétées aux chevilles étaient en train de me stopper net dans mon rêve d’ascension dans cette discipline.

J’en avais demandé trop à mon corps. Lui ayant son propre langage, sa propre histoire et aussi ses propres limites, finit par me refuser le droit d’exiger de lui-même et de le soumettre à mes attentes de performance. Parce que je lui imposais des cours, des stages, des chorégraphies à une fréquence et dans une intensité qui n’était pas la sienne, mon corps avait dit stop!

Comme les choses n’arrivent jamais par hasard, je devais donc me résigner à faire une pause et à me poser les bonnes questions? Pourquoi mon corps ne suit-il pas? Pourquoi ne fait-il pas ce que je veux? Il y a quelque chose qui ne va pas?

Comme un avion qui avait disparu des écrans radars, mon corps ne répondait plus à mes appels… 

J’eu une réponse peu de temps après. Alors que je m’apprêtais à suivre des séances de kiné pour soigner ma cheville, je rencontrais un praticien en MLC© IT qui me proposa de m’aider à identifier les messages de mon corps.

Mon corps ; je ne l’écoutais pas, je le négligeais souvent et je ne savais même pas qu’il avait sa propre énergie vitale. En me stoppant dans mon élan, il voulait me parler de mes limites, de mes tensions, de mes enfermements et de mes traumas. A mon grand étonnement, il m’informa également, dans le même temps de la performance, des enjeux et du stress que je lui imposais à vouloir le voir réussir sur une scène pour compenser l’impression d’échec et de vide que je ressentais vis-à-vis de certains aspects de ma vie…

Si je faisais le bilan, je voulais reproduire les mouvements du professeur de danse à la perfection parce que cela me donnait l’impression d’être parfaite, d’être heureuse et d’être mon succès. Mais même si j’étais douée, il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. J’allais trop vite, je ne souriais pas, je ne regardais pas le public, je n’arrivais pas à tenir mes bras, je n’avais pas d’équilibre en étant sur pointes et même si mon bassin était souple et flexible, il n’allait selon moi, jamais au bout du mouvement. Et enfin, je n’arrivais pas à exprimer cette grâce et cette aisance que je voyais dans les mouvements du professeur. Je me sentais encore très rigide et il m’était quasiment impossible de me regarder dans un miroir. Alors imaginez, regarder un public naturellement…

Quand je montais sur scène à cette époque, j’avais le tournis, mes jambes tremblais tellement j’avais peur de me tromper, j’étais comme éblouie par le soleil que représentais les spectateurs et je n’arrivais pas à sentir mon propre soleil intérieur. C’était presque comme si je n’habitais plus mon corps. J’avais donc, du potentiel mais il était entravé par cette impression que c’était difficile, que cela demandait des efforts et encore et toujours plus de travail pour aboutir au final à quelque chose qui serait éphémère et dont je ne tirerais jamais une entière satisfaction. 

C’est donc à ce moment précis que tout commença à changer. Á mesure que j’utilisais la MLC©. Mon corps changea en premier. La bouée de graisse qui était mon obsession depuis des années et qui entourait ma taille commença à fondre. Je sentais mes bras et mes mains jusqu’au bout des doigts. Je tenais mes épaules sans qu’elles me paraissent un poids lourd à porter. Mon équilibre devenait plus sûr, mon ancrage dans le sol plus profond. D’une semaine sur l’autre, mon corps répondait plus facilement aux demandes du professeur et des exercices. J’avais des sensations de légèreté et d’aisance que je n’avais jamais ressenti auparavant, même pas du temps de mon adolescence où j’étais encore plus souple. Et le plus incroyable est que tous ces changements physiques s’accompagnaient d’un calme et d’une sérénité que je n’avais jamais connus.

Ce fut tellement fulgurant qu’il me fut assez difficile d’expliquer à mon entourage cette métamorphose. Comment expliquer au monde qui m’entourait ce que je vivais, alors que j’essayais moi-même, de l’intégrer, de le digérer et de le reconnaitre.

Car ce qui se passait dans les coulisses de ma vie, c’est que chaque semaine, parfois chaque jour, je faisais un travail de communication avec mon inconscient via la MLC©. Et dans ce travail, je libérais des mémoires traumatiques qui étaient dans mon corps sans même que je le sache. Cette expérience était en train de changer ma vie et je me rendais bien compte qu’il n’y aurait pas de marche arrière. Mais comment expliquer cela au monde et qu’en faire alors que je me voyais me transformer autant physiquement que mentalement. Comment dire, que j’avais pris la responsabilité de guérir mon corps par le coeur et la danse. Comment expliquer que chaque fois que je faisais ce travail psycho-corporel et émotionnel, mon corps devenait plus souple car des tensions contenues dans mes muscles, mes tissus et mes cellules disparaissaient. Comment dire, que les larmes que je versais à chaque séance, à chaque libération d’un ancien traumatisme, étaient en train de me rendre mes droits au bonheur et une nouvelle jeunesse à mon corps.

Un corps qui me paraissait si lourd, si fatigué et encore si douloureux jusque là devenait ma maison sacrée. C’était fantastique. Après quelques mois, je me disais que j’avais réussi, que tout irait bien et que j’allais pouvoir devenir ce professeur de danse orientale dont j’avais tant rêvé. Jusqu’à ce que ma vérité à être moi s’en mêle.  

Nous avons tous notre vérité à être nous-même et un destin qui nous porte alors que nous croyons le porter… 

C’est sans doute pour cette raison et alors qu’il s’était libéré, qu’un jour, mon corps se referma de façon inattendue au cours de danse orientale. Un spectacle, des entrainements, des enjeux et il refusa d’exécuter une chorégraphie. Je commençais à ressentir un conflit intérieur. S’il s’agissait de mes mouvements, même imparfaits techniquement, je ressentais de la légèreté, de l’aisance, de l’amour de la danse, mais progressivement, s’il s’agissait de mouvements chorégraphiés, je commençais à rencontrer des resistances. Des tensions refirent surface jusqu’au blocage complet. 

Je me rendais bien compte que cette aisance, cette légèreté et ce naturel des mouvements que je cherchais est quelque chose que j’avais toujours ressenti lorsque je dansais librement sur des musiques du monde. Que ce soit chez moi, en cours ou en soirée, quand je dansais librement, j’avais toujours eu cette impression de voler et de danser avec Dieu. Mais c’était beaucoup moins évident lorsqu’il s’agissait de chorégraphies ; je n’y arrivais plus.

Je me souvenais que la salsa est une danse qui était venue à moi comme par enchantement et il m’a été impossible de prendre le moindre cours en la matière. Mon corps bloquait. En revanche, lorsque j’avais vécu en Galice à la fin de mes études ou dans les soirées latines que j’ai adorées quand je suis arrivée à Paris, je pouvais danser toute la nuit, seule ou avec un cavalier avec ce sentiment déconcertant de ne faire qu’un avec cette danse…

Lorsque je voyais des reportages sur les danses gnawas du Maroc, les ghawazis d’Egypte, le Flamenco d’Espagne ou sur le taarab de Tanzanie, j’avais l’impression qu’il s’agissait déjà de mes danses et je les explorais dans une grande joie du coeur, à en pleurer presque parfois. 

Mon esprit ne le savait pas, mais mon corps et mon âme s’accordaient sur le fait que,           je savais.

Un cours de danse orientale que je du cesser et une formation de deux ans en MLC© plus tard, j’en arrivais à la conclusion suivante : La danse ne s’apprend pas, elle se libère et nous libère… Elle est déjà en nous et demande à ce que l’on s’ouvre à elle. 

Cette danse, ces mouvements libres et la diversité des musiques qui me faisaient vibrer venait de changer ma vie. 

Et si, je créais un cours qui permettrait aux personnes qui le souhaitent de vivre la même chose que moi, pour les aider à transformer leur corps, à calmer leur esprit et à écouter leur âme.

Et si, j’allais à l’inverse de ce qui se fait communément en imposant pas de mouvements chorégraphiés ;

Et si, j’appliquais à la MLC© à la danse, suivais ma propre intuition et créais ma propre méthode et des cycles de vie en danse ;

Et si, j’écoutais l’appel de mes profondeurs, ma vérité et mon essence ; 

Et si, je devenais moi et laissais l’artiste en moi libérer sa propre danse ;

Et si, je faisais danser le monde et guidais dans la guérison par la danse… 

Le choix demandait du courage. Il exigeait que je remette tout en question. Que j’aille à contre-courant. Que je me sépare des personnes qui m’avaient appris à devenir moi. Mais c’est aussi ce que ce processus en MLC© m’avait préparé à faire. Car ce processus de guérison que j’avais vécu m’avait totalement déconditionnée de mon histoire et de l’environnement dans lequel j’avais baigné jusque là. Il m’avait appris que moi seule, c’était suffisant. 

Je devais juste faire le deuil de cette ancienne partie de moi qui vivait dans la dépendance affective, manquait de confiance en elle et voyait la légitimité de la danse dans la performance et l’extraordinaire. Cette partie de moi qui répondait à l’égo du beau conventionnel et sur-adapté.

Je devais aussi accepter que tout était déjà là et que je pouvais m’ouvrir à ma propre expérience.

Et oui, il me fallu du courage pour lancer ce cours, le tester, voir la salle de danse vide au départ et persévérer en me rappelant que si j’avais moi-même vécu quelque chose d’aussi grand par cette danse libre inspirée de la MLC© et les musiques du monde, d’autres pourraient le faire. 

Je lançais donc le cours en 2015 dans ma petite ville.

Le sens de la danse et de son mouvement libre combiné avec les musiques du monde va bien au-delà de tout ce que j’aurai pu imaginer… 

J’ai vu les pas de danse intégrer les corps naturellement, sans que j’ai à les montrer ou les enseigner. J’ai vu les corps se libérer de leurs traumas et de leur souffrance dans un lâcher-prise total. J’ai vu un groupe de danse s’harmoniser, des danseuses et danseurs trouver leur place naturellement sur leur propre scène de danse et prendre leur place dans leur vie. J’ai vu un simple mouvement libre du corps devenir une oeuvre d’art. J’ai vu un espace de danse devenir un tableau d’expression vivant. J’ai vu la grâce jaillir de l’émotion du corps. J’ai vu la beauté d’un mouvement imparfait. J’ai vu des corps ne pas écouter les limites de cultures et de frontières. J’ai vu des esprits s’incliner et s’harmoniser. J’ai vu des âmes informer des corps et des esprits de leur grandeur et de leurs talents. J’ai vu des corps informer leur propriétaires de leur langage et de leur couleurs. J’ai vu des gens changer leur vision des choses. J’ai vu des visages se regarder et se sourire.

J’ai vu la peur disparaitre et la gratitude apparaitre. 

Grace à la danse libre et aux musiques du monde, je me suis regardée me sourire dans le miroir et j’ai vu le Tout dans le fond de mes yeux. Aujourd’hui, à quarante ans, je suis au début du déploiement de mon art en danse. Mon corps me montre ses possibilités illimitées, si je l’écoute et le respecte. Les musiques du monde que j’assemble à chaque session, qu’elles soient populaires ou abstraites, modernes ou anciennes sont une seule et même mélodie pour le corps qui s’ouvre à elles. Ma danse et celle de ceux qui m’accompagnent continue de grandir tous les jours. Elle n’est pas seulement africaine, orientale ou latine. Elle est aussi classique, contemporaine que caribéenne. D’ici ou d’ailleurs, ma danse est cette diversité qui en fait la richesse. 

Notre danse libre est notre âme à nue dans notre corps.  

Elle se libère de notre corps et nous libère, si c’est notre chemin. Elle est sur terre depuis la nuit des temps. Elle réunit les gens dans la joie et fait sortir la peine des corps qui sont testés par la vie. Elle ouvre les corps en tapant des pieds sur le sol. Elle active l’énergie vitale, elle procure du plaisir et développe la créativité quand elle remue les bassins. Elle renseigne l’être humain sur sa grandeur et son potentiel en étirant les bras vers le ciel. Elle incline les têtes pour leur permettre de retrouver leur alignement et les couronner de lumière. 

Mais tout cela, elle le fait sans que l’on se pose la question ou que l’on utilise le mental. Si elle est trop contraignante, exigeante ou va à l’encontre du corps, elle sera une prison. Si elle déploie ses mouvements librement, elle ouvrira la porte à ses papillons de transformation et à tous les possibles. 

Elle est expression et manifestation du miracle de la vie. Je sais désormais que cette danse est sa propre lumière et qu’elle se suffit à elle-même, tout comme l’être humain  qui suit son propre chemin.

One Love, 

V.Sylla

*MLC© : Mouvement de Libération des Cuirasses© – Marie Lise Labonté 

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