Cette oeuvre littéraire qui m’a le plus marquée : Ségou – Les Murailles de Terre de Maryse Condé

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Ségou – Les Murailles de Terre de Maryse Condé

Une date dans mon existence…

Avez-vous déjà lu un livre qui vous frappe littéralement en plein coeur dès les premières lignes? C’est très exactement ce que j’ai ressenti en tournant la première page de ce roman. 

J’ai lu Ségou – Les Murailles de Terre en 2003, pour la première fois. Avant de le lire, je savais seulement que ce roman était controversé dans la communauté malienne et sénégalaise et qu’il décrivait le destin tragique des frères d’une même famille au temps de l’esclavage. Le livre commençait par la description des deux personnages principaux. Les deux parents; Nia Coulibaly et Dousika Traoré. Les noms de mes deux grands parents d’origine sénégalaise…

La lecture du livre fut véritablement une date dans mon existence.

Á mesure que je les découvrais, les chapitres me donnaient l’impression que j’aurai pu reconnaitre les lieux et les personnes décrites dans cette oeuvre. Mon corps réagissait et je ne pouvais contenir mes émotions tant cette histoire me sautait au visage et me forçait à regarder dans le miroir de ma propre histoire. Je pense que  ce livre a été ma plus  forte expérience de lecture et ma plus grande prise de conscience de la puissance de l’intergénérationnel dans une famille. Les mêmes histoires et les mêmes schémas qui se répètent presque à la virgule près, plus de deux siècles après. Les ombres, les dysfonctionnements, les challenges d’une famille et dans le même temps leur lumière et leur capacité à survivre, à vivre, à créer, à avoir la foi, à aimer et à transmettre la vie dans le chaos et cela peu importe le prix à payer.

Neuf ans plus tard, alors que je relisais le livre et commençais mon propre processus de guérison en utilisant la MLC©IT (Méthode de Libération des Cuirasses – Images de Transformation par Marie Lise Labonté), je ne cessais de me dire, qu’il fallait que je rencontre Maryse Condé, au moins une fois dans ma vie, afin de pouvoir lui poser une simple question qui me poursuivait depuis des années.

Dans une synchronicité parfaite dans les jours qui suivirent, j’eu connaissance que Maryse Condé venait sur Paris pour la promotion de son livre autobiographique « La vie sans fards ». J’ ai donc eu le privilège de pouvoir me rendre à une rencontre qu’elle proposait à cette occasion pour ses lecteur et aussi, la chance de lui poser la fameuse une question. Je tremblais tellement que pendant quelques secondes, je me suis demandée comment j’allais réussir à prendre la parole sans perdre mes moyens. Finalement, quand ce fut mon tour de m’exprimer, je l’ai d’abord remercié d’avoir écrit Ségou et lui ai dit ces quelques mots avec tout le courage que j’ai pu rassembler… 

« Pourquoi avez-vous écrit ce livre et cette histoire? Vous y décrivez l’histoire de mes ancêtres il y a plus de deux siècles et votre roman m’a permis non seulement de me reconnaître et d’accepter cette histoire comme faisant partie de moi mais surtout de pouvoir m’en libérer »… 

Maryse Condé expliqua alors, qu’en France dans les années quatre-vingt, les conditions de travail et de vie des immigrants de nationalité malienne et d’Afrique de l’Ouest étaient terribles et qu’ils étaient si mal traités, qu’elle avait voulu écrire non pas sur la pauvreté de l’Afrique et de son peuple mais sur la richesse et la grandeur de son histoire. Elle pensait qu’une thèse ne serait pas lue, alors elle décida d’en faire un roman. La raison d’écrire ce roman était donc une simple expression d’humanité et un besoin de transmission de l’histoire de sa part…

J’eu l’occasion de revoir Maryse Condé quelques mois après pour une autre conférence et aussi d’entendre, d’autres personnes de plusieurs générations dont la mienne, pour qui ce roman avait eu les mêmes effets. Et comme ce fut mon cas, d’entendre l’émotion dans leur voix alors qu’ils se donnaient l’opportunité de remercier Maryse Condé et de lui exprimer ce que ce livre avait représenté pour eux. 

La liste des oeuvres et les récompenses décernées à Maryse Condé sont nombreuses. En 1988, elle a reçu le Prix LiBeratur (Allemagne), pour Ségou – Les Murailles de terre. Elle vient également de recevoir le prix de littérature de la Nouvelle Académie « Nobel Alternatif 2018 ». Si ce roman vous séduit, le Tome II de Ségou intitulé Ségou – La Terre en miettes est également disponible. 

Je vous souhaite de lire Maryse Condé. Si vous le faites, vous apprendrez de l’humain et son universalité. 

V.Sylla

 

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